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Développeur d'applications indépendant : la liberté financière créative

On rêve souvent d'indépendance financière grâce aux revenus passifs. Pourtant, la véritable liberté réside ailleurs, et elle a une valeur bien plus grande (Oui, ceci est un avis et une unpopular opinion, peut être. »

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Julien Taret
Fondateur — AppleMousse Studio
Développeur d'applications indépendant : la liberté ~~financière~~ créative

« Tu vis de ton app ? »

On me pose souvent la question : « Est-ce que tu gagnes de l’argent ? » Comme si l’indépendance ne valait quelque chose que si elle se traduisait par des chiffres sur un compte bancaire.

La réponse honnête est : non, pas encore. Ça rapporte, mais pas suffisamment pour en vivre pleinement. Peut-être un jour. Peut-être jamais tout à fait (non URSSAF, range ce vilain contrôle fiscal !).

Et pourtant, je prends énormément de plaisir à développer ces applications pour mon petit studio indépendant !

Le mythe de la liberté financière

Il existe une image séduisante du développeur indie : un MacBook sur une terrasse, quelque part entre Lisbonne et Bali, deux applications qui tournent en autonomie, des revenus passifs qui tombent pendant qu’il dort. Le rêve.

Ce rêve existe, mais il est rare. Très rare.

La plupart des applications ne percent jamais. Celles qui percent mettent des mois, voire des années, avant de générer des revenus significatifs. Et même lorsque cela fonctionne, les marges sont serrées, l’App Store prend sa part, les impôts aussi, et le support client ne disparaît pas comme par magie.

Je ne dis pas cela pour décourager, mais pour souligner qu’il est dangereux de partir avec cette illusion véhiculée par les réseaux sociaux. Cela risque de vous pousser à abandonner trop tôt, à vous dire au bout de six mois : « Ça ne marche pas », alors que vous mesurez peut-être simplement le mauvais indicateur.

La vraie liberté, elle est dans la création, la vrai gain, dans l’apprentissage

Ce que personne ne vous explique vraiment avant de vous lancer, c’est que le plus grisant dans l’indépendance n’est pas de ne plus avoir de patron, mais de ne plus avoir de filtre entre une idée et sa réalisation : vous concevez ce que vous imaginez, et vous en apprenez beaucoup.

Un problème que vous rencontrez dans votre vie quotidienne, une question qui revient souvent dans les conversations, et quelques semaines plus tard, une application portant votre nom est utilisée par des personnes.

Pour cela, vous êtes parfois obligé d’apprendre des connaissances et des compétences que vous n’aviez pas précédemment.

CineRank est née d’une question post-film, non d’une étude de marché ou d’un brief. Cette application existe aujourd’hui parce que personne n’a eu à valider l’idée, personne n’a demandé un diaporama, et personne n’a dit : « On verra ça au prochain sprint. » Mon but premier était de créer quelque chose, pas d’en vivre. Si ça marche, notez que je ne m’en plaindrais nullement !

Pour réaliser cette application. J’ai dû apprendre un langage et une méthode de travail qui m’était inconnu. Je vous prie de croire que de tomber dans les méandres du déploiement d’une application iOS, c’est formateur.

C’est ça, la liberté : vous faites ce que vous voulez. La ligne directe entre ce que vous imaginez, apprenez et ce que vous construisez, et non le revenu passif.

Mais alors, pourquoi est-ce si difficile ?

Construire seul peut être épuisant.

Il n’y a pas d’équipe pour rebondir, pas de manager pour valider la bonne direction, et pas de salaire à la fin du mois — préparez-vous à boire l’eau des pâtes ! Le doute s’installe facilement, surtout les soirs où les téléchargements stagnent, où une mise à jour passe inaperçue, ou où vous passez trois heures sur un bug que personne ne remarquera jamais.

Et pendant tout ce temps, vous devez continuer à avoir un revenu réel, celui qui paie le loyer. Cela peut impliquer de garder un emploi à côté, de faire du freelance ou de jongler entre plusieurs activités.

La liberté financière, celle dont tout le monde parle, n’est pas obligatoirement au bout de la première application, ni même de la dixième. Se fixer cela comme condition pour se lancer, c’est ne jamais se lancer.

J’aime ce que je crée, même si les autres ne l’aiment pas

Créer seul, en dehors de tout système, exige un niveau d’honnêteté inhabituel. On ne peut plus se cacher derrière un brief mal rédigé ou une décision collective. Chaque choix — du modèle économique au design, en passant par le nom et le prix — est personnel. Et quand ça ne marche pas, la responsabilité est entièrement la nôtre.

Mais quand ça marche, même à petite échelle, même si un seul utilisateur témoigne de l’impact positif de l’application sur ses soirées ciné, la satisfaction engendre un sentiment unique. Elle est différente de tout ce que j’ai pu connaître dans le cadre d’un emploi salarié.

Alors, faut-il se lancer ? Oui, sans attendre que les questions financières soient réglées. L’argent est important, bien sûr, ne soyons pas hypocrites. Mais en faire une condition préalable, c’est se priver de la possibilité de créer ce que l’on a vraiment envie de créer.

Le meilleur moment pour commencer était hier. Le deuxième meilleur moment est maintenant, avec une idée qui revient sans cesse dans votre esprit.

La liberté financière viendra peut-être un jour. Ou pas.

Mais la liberté de créer, elle, personne ne peut vous l’enlever une fois que vous y avez goûté.

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Julien Taret

Fondateur d'AppleMousse Studio. Designer et développeur iOS depuis 2025, fait des apps comme on fait de la pâtisserie : avec des ingrédients simples et beaucoup de patience.